Vous vous mettez au travail. Un message arrive, puis un autre. Quarante minutes plus tard, la vraie tâche n’a pas commencé.
Le deep work, c’est l’autre sorte d’heure : une tâche exigeante, toute votre attention, rien d’autre d’ouvert. Le terme est de Cal Newport. [1]
Il s’entraîne comme on s’entraîne à courir : on commence par une charge que l’on peut terminer, puis on l’augmente.
« En deep work, je suis dix fois plus productif qu’en travail superficiel. »Przemyslaw Siwek, Solve Labs · l’expérience d’une seule personne
Le plan vous fait calculer votre propre multiple. Voici ce que la recherche a mesuré.
En moyenne, avant qu’un travail interrompu soit repris.
Une étude de terrain sur 24 employés de bureau, avec une forte dispersion : à lire comme un ordre de grandeur. Mark, González & Harris, 2005 [2]
L’effet d’un plan « si… alors » sur l’atteinte d’un objectif, entre moyen et fort.
Synthèse de 94 tests indépendants. Gollwitzer & Sheeran, 2006 [3]
Environ quatre heures par jour : c’est là que s’arrêtent ceux qui font le plus de deep work.
Des élèves violonistes à Berlin et une revue d’autres domaines. Une tendance dans ce que rapportent les experts, pas une limite mesurée. Ericsson, Krampe & Tesch-Römer, 1993 [4]
Recevez le plan d’entraînement.
- Un cahier de 42 pages à imprimer et à remplir
- Une échelle de six semaines, de 2 × 25 à 5 × 55
- Une fiche de suivi d’une page à afficher au mur
- Un journal pour chaque bloc
- 24 sources, chacune évaluée
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Le plan a deux parties. La méthode, c’est la mise en place qui rend un bloc facile à démarrer. L’échelle, c’est la façon dont la charge augmente.
Un bloc, c’est une décision prise à l’avance

Le plus dur dans le deep work, c’est de commencer, car ce sont trois décisions à la fois : quoi, quand et pour combien de temps. La méthode les prend toutes les trois la veille.
Écrivez ce soir la tâche de demain

« Travailler sur le rapport » n’a pas de fin, donc se remet facilement à plus tard. « Rédiger la partie résultats jusqu’à ce que le minuteur sonne » peut commencer à 9 h.
Le deep work d’abord, le reste à heures fixes
Vos blocs passent en premier, à la suite, et sont tous terminés avant le dîner. E-mails, messages et tâches administratives ont deux ou trois créneaux fixes.
124 adultes ont consulté leurs e-mails trois fois par jour pendant une semaine, et librement pendant une autre. Le stress quotidien était plus bas la semaine des trois consultations. [5]
Mettez le téléphone dans une autre pièce

La recherche, dans l’ordre :
Notre lecture : un téléphone silencieux vous coûte quand vous le prenez en main. La distance rend ce geste impossible, et cette raison suffit.
Choisissez un son et gardez-le

Gardez le même choix à chaque bloc : le son lui-même finit par signifier que le travail a commencé.
Sur 65 études de lecture avec un fond sonore, la musique avec paroles a fait baisser la compréhension (d = −0,35). La musique instrumentale : à peu près zéro. [9]
Les battements binauraux sont une option à essayer : possible, mais non prouvée.
Prenez des pauses fixes, loin de l’écran
Chaque pause a sa durée avant que le bloc commence. Une pause prise quand l’envie vient a tendance à arriver tard et à s’éterniser.
- 1 · Minute 0 à 1 : fermer le blocLevez-vous. Remplissez la ligne du journal. Lancez le minuteur de pause.
- 2 · Minute 1 à 4 : sortirAllez dans une autre pièce. Regardez quelque chose à plus de six mètres. Buvez de l’eau.
- 3 · Minute 4 à 5 : revenirAsseyez-vous et lisez la ligne de la tâche suivante.
Sur 22 échantillons (n = 2335), des pauses de 10 minutes au plus ont augmenté la vigueur (d = 0,36) et réduit la fatigue (d = 0,35). Le gain de rendement est faible et statistiquement incertain. [12]
Clôturez à heure fixe
Une fin fixe vous permet de laisser le travail au travail, et c’est là que les blocs de demain reçoivent leurs tâches.
- Fermez le journal et cochez la fiche de suivi au mur.
- Videz le carnet, celui des pensées qui surgissent en plein bloc.
- Écrivez les tâches de demain, une par bloc. La plus dure en premier.
- Notez où reprendre ce qui reste ouvert : une ligne, avec la prochaine action.
- Fermez tout et dites une phrase fixe : « Fini pour aujourd’hui. »
Une revue de la recherche sur la récupération après le travail a montré que les personnes qui décrochent mentalement du travail le soir déclarent moins de tension et un meilleur bien-être. [13]
Six semaines, un échelon à la fois
Chaque semaine augmente une seule chose : le nombre de blocs ou leur durée. La semaine 1 demande 50 minutes, moins que l’heure que Newport donne comme limite pour un débutant. [1]
À la fin de chaque semaine, comptez les jours où chaque bloc prévu a été terminé
- Le minimum d’un mauvais jour : un bloc de 25 minutes. Il compte quand même comme un jour d’entraînement.
La semaine 6 demande 4 h 35, soit autant ou plus que les quatre heures environ observées au plus haut niveau. [4]
Le haut de l’échelle est donc un niveau à tester. Beaucoup se stabiliseront à 4 × 55, et c’est un résultat à part entière.
D’où vient cette échelle. Aucune étude n’a testé cette progression exacte. C’est la méthode de Solve Labs, construite à partir des preuves présentées sur cette page.
L’entraînement ne coûte rien.
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- Brain Tech
- Après la clôture
- Reishi
Sources
- Newport C. Deep Work. Grand Central Publishing, 2016.
- Mark G., González V. M., Harris J. No task left behind? Examining the nature of fragmented work. Proceedings of CHI 2005, 321–330.
- Gollwitzer P. M., Sheeran P. Implementation intentions and goal achievement: a meta-analysis. Advances in Experimental Social Psychology, 2006; 38: 69–119.
- Ericsson K. A., Krampe R. Th., Tesch-Römer C. The role of deliberate practice in the acquisition of expert performance. Psychological Review, 1993.
- Kushlev K., Dunn E. W. Checking email less frequently reduces stress. Computers in Human Behavior, 2015; 43: 220–228.
- Ward A. F. et al. Brain drain: the mere presence of one’s own smartphone reduces available cognitive capacity. Journal of the Association for Consumer Research, 2017; 2(2): 140–154. Contestée par les deux suivantes.
- Ruiz Pardo A. C., Minda J. P. Reexamining the “brain drain” effect: a replication of Ward et al. (2017). Acta Psychologica, 2022; article 103717.
- Parry D. A. Does the mere presence of a smartphone impact cognitive performance? A meta-analysis of the “brain drain effect”. Media Psychology, 2024; 27(5): 737–762.
- Vasilev M. R., Kirkby J. A., Angele B. Auditory distraction during reading: a Bayesian meta-analysis. Perspectives on Psychological Science, 2018.
- Garcia-Argibay M., Santed M. A., Reales J. M. Efficacy of binaural auditory beats in cognition, anxiety, and pain perception: a meta-analysis. Psychological Research, 2019.
- Ingendoh R. M., Posny E. S., Heine A. Binaural beats to entrain the brain? A systematic review. PLOS ONE, 2023.
- Albulescu P. et al. “Give me a break!” A systematic review and meta-analysis on the efficacy of micro-breaks. PLOS ONE, 2022.
- Sonnentag S., Fritz C. Recovery from job stress: the stressor-detachment model. Journal of Organizational Behavior, 2015; 36(S1): S72–S103.
